-- Les émotions - Décoder le langage de notre cerveau quand il nous emporte dans la tempête --

Dernière mise à jour : 9 mai 2021




Nous le voyons au quotidien, nos émotions influencent grandement notre manière de réagir, de penser, d'apprendre, de choisir, d'aimer. Elles participent à la définition de nos valeurs et de notre éthique.


A la vue d'un changement à venir, en cours (ou même passé parfois) tels que la rupture amoureuse, un départ pour vivre à l'autre bout du monde, un changement d'emploi, un déménagement, un confinement, un deuil, un mariage, une grossesse de multiples questions nous envahissent. Elles peuvent alors déclencher des réactions émotionnelles telles que la tristesse, la colère, la peur, le dégoût, la surprise ainsi que la joie.


généralement, ces émotions vont et viennent sans trop nous impacter. Cependant, il peut arriver qu'elles nous déséquilibrent, nous fatiguent, nous envahissent et que l'on ne sache plus comment s'en sortir tant elles ont pris de puissance dans notre esprit. Cela vous est déjà arrivé? N'hésitez pas à me faire part de vos témoignages.



Je vous propose d'explorer ensemble ce langage, de plonger dedans pleinement mais avec conscience :)

>> Physiologie de l'émotion


Notre cerveau a parfois besoin de s'exprimer de manière plus directe et urgente que par la douleur physique. Il possède alors son propre langage : Il s'agit des émotions. Dans des temps plus anciens, où nous vivions encore en symbiose avec la nature, le notion de survie était omniprésente. Lorsque celle-ci était menacée, le schéma réactionnel suivant se mettait alors en place sans que n'interviennent le processus de la pensée. On est sur un principe d'action/réaction applicable pour toutes les émotions.




Immergez-vous et appliquez ce schéma à une situation récente qui a suscité une émotion forte. Vous y retrouvez-vous?


exemple :

1."L'attaque extérieure" : mon conjoint/ma conjointe me quitte

2.mon cerveau reçoit cette infos, sa stabilité établie sur la nécessité de la vie en couple est menacée

3.réaction émotionnelle : je crie / je pleure / j'ai peur / je suis dégouté.e / je suis surpris.e (je suis heureux.se = mais ça c'est si vraiment vous n'en pouviez plus de votre vie de couple)



J'ai approfondi mes recherches afin de comprendre le fonctionnement physiologique de la réaction émotionnelle en lisant quelques livres traitant de neurosciences. Je n'en suis pas ressortie tant le sujet est complexe et les études récentes. Pour faire simple, j'ai choisi de réaliser des schémas plutôt que de partir dans des textes sans fin. D'autant plus que ce sujet fait l'objet d'avancées permanentes. Ainsi, cet aspect scientifique que j'ai simplifié est à lire avec recul.


En tenant compte des connaissances scientifiques actuelles, voici globalement comment cela marche. Pour cela, il faut tenir compte :

du cerveau archaïque (la survie)

du cerveau émotionnel (amygdale, hippocampe, hypothalamus entre autre)

de l'insula (conscience, relations sociales, dégout)

du noyau accumbens (récompense, motivation, plaisir)

du cortex pré-frontal (analyse, raisonnement, modulation des émotions, capacité à s'intégrer).


Ces différentes parties du cerveau communiquent en permanence pour assurer la survie de l'être humain dans sa globalité. Chacune a un rôle établi.


Voici un premier schéma de l'assimilation d'une émotion (j'ai pris la peur) et de la réaction physiologique qui s'ensuit chez l'adulte.



Pour faire simple, lorsque nous sommes adulte, un événement extérieur (ou interieur) vient déclencher une émotion. elle a pour rôle de nous pousser à réagir. Elle va être régulée afin de générer une réponse socialement acceptable.


Avant d'avancer, j'ai envie de revenir en arrière, dans l'enfance. >En effet, c'est là que se joue une partie de notre apprentissage des émotions. Comme pour tout, notre jeu se définit par des règles qui se sont inscrites au cours de notre enfance.


Or, chez l'enfant, le cortex pré frontal (dont fait partie le cortex orbito fontal) n'est pas mature avant l'âge de 5 ans, tout comme l'hippocampe (notre mémoire, notre centre d'archive) et pour certaines zones il ne le sera au'autour de 20 ans.

Leur cortex pré-frontal n'a donc pas encore la maturité suffisante pour réguler l'émotion. Cette information est essentielle à savoir pour comprendre pourquoi les réactions émotionnelles chez les enfants sont si puissantes.


Ainsi, si l'enfant dont une partie de son cerveau est encore immature se sent menacé dans sa sécurité matérielle, psychologique et affective, l'émotion sera son seul moyen de l'exprimer. Et rien en interne ne sait la calmer par le raisonnement. Les parents vont alors jouer ce rôle de modérateur, de régulateur, de protecteur en accompagnant l'enfant dans ces moments avec des mots, de la tendresse, du réconfort sans le réprimer. La peur, la tristesse, la colère et les autres émotions auront ainsi eu le droit d'exister et seront régulées par la bienveillance et l'écoute extérieure.


Le comportement de l'entourage de l'enfant peut donc influer sur sa capacité à comprendre ses émotions et les réguler. En fonction de la liberté d'expression des émotions et de leur modération par l'extérieur, des mécanismes, des habitudes, une route neurologique se forment et s'intègrent pour s'ancrer, façonnant notre manière de penser et d'agir.



A la suite d'une expérience physique ou mentale, les émotions sont déclenchées

par différentes zones de cerveau qui sécrètent alors

une ambiance chimique particulière et envoie des messages nerveux.


La capacité à les réguler fluctuera selon le cadre dans lequel a grandi la personne dans son enfance.



Revenons en au cœur de notre sujet : le langage de ces émotions.



>> décryptage du langage émotionnel


Les réactions émotionnelles témoignent d'une manifestation profonde de notre cerveau à exprimer un mal-être, une insécurité voire même une menace de survie physique ou psychique qu'il est important de laisser s'exprimer (surtout dans l'enfance mais aussi une fois adulte).


Les émotions nous renseignent donc sur nos besoins et nos souhaits profonds. elles sont donc essentielles au décodage des manifestations du cerveau. Voici un tableau interprétant le langage des émotions.


>> Aujourd'hui, quelle place donne t on au langage du cerveau?

je me penche dans cet article sur la réaction émotionnelle psychologique, celle où notre survie physique n'est pas menacée. Nous nous concentrons donc sur une réaction émotionnelle négative en apparence déclenchée par un changement dans notre routine. Notre cerveau, notre corps physique, notre ego sont confrontés à une situation qui les oblige à réfléchir, à peser le pour et le contre, pour ensuite communiquer une réponse émotionnelle.


Des émotions qui parfois peuvent être si fortes que notre esprit analytique en perd le contrôle. Et puis, vous avez remarqué comme quand une situation déclenche une 'émotion négative, nous pouvons parfois être capable de l'entretenir cette émotion en la nourrissant de souvenirs, de fausses croyances qui s'y rattachent. Un petit rien qui se transforme en tsunami. Alors nous nous fermons, l'esprit, le recul le coeur, la totale! Nous tombons dans le drame et l'émotion redouble de puissance. La fameuse "dramaqueen", ça vous parle ;)


Alors quand la dramaqueen en nous se réveille, que pouvons nous faire?



J'ai remarqué comme les émotions sont souvent réprimées ou ignorées. Rappelons nous ces phrases que nous prononçons pour réconforter ou calmer « arrête de pleurer, cela ne changera rien », « oh non, ne pleure pas viens dans mes bras ». Nous avons souvent cette première réaction qui est de stopper la réaction émotionnelle. C'est comme si voir l'autre en proie à ces émotions nous mettait dans un certain inconfort. Nous souffrons à l'idée de voir un proche faire face à une douleur mentale. Nous ne voulons pas le voir dans cette mise à nue. Nous ne voulons pas voir la fragilité, la vulnérabilité de l'autre "sois forte ma fille, sois fort mon fils". Alors qu'au fond c'est bon d'être ainsi, c'est ce qui nous différencie d'un mouton ou d'un robot. Nous ressentons.



Ainsi, peut-être ferions nous mieux de prendre la personne dans les bras, sans rien dire pour la laisser pleurer, crier un bon coup. (je mets de côté des réactions de panique excessive ou pathologies déclarées qui demandent un accompagnement particulier). Cela permet au corps physique, au cerveau de parler, d'exister. En fait, peut-être ferions nous mieux d'agir comme nous le faisons avec un enfant, sans chercher à trouver une explication à tout. Juste laisser être, laisser faire, lâcher plutôt que résister.



>> Laisser s'exprimer l'émotion en en devenant conscient

récapitulons : l'émotion négative s'installe, on lui laisse un espace d'expression digne de ce nom. C'est à ce moment que la prise de recul est importante; L'idée est de sortir de cette émotion forte, de ne pas la nourrir tout en la laissant vivre. C'est ce qui nous permettra d'entendre le message, de le comprendre et alors de calmer le mélodrame émotionnel en s'en détachant.


Une prise de recul sans pour autant retenir l'émotion et l'empêcher d'exister.


En laissant venir la vague émotionnelle, nous pouvons identifier l'émotion qui envahit.


En détachant l'émotion du souvenir ou de la situation qui l'a déclenché, nous pouvons alors réussir à prendre un peu de recul. Nous sommes alors aptes à comprendre comment rassurer et sécuriser la partie de nous même qui se sent menacé. Nous pourrons ainsi tenter de limiter les épisodes anxieux, d'angoisse qui peuvent découler des tempêtes émotionnelles.

Ces quelques propos sont faciles à écrire mais j'en ai conscience complexes à mettre en place. Cela demande, un réel désir de ne plus être victime de ses émotions pour reprendre le lead. Si l'envie vous vient, tentez d'y repenser au prochain conflit émotionnel. Regardez vous, écoutez l'émotion, regardez la situation déclencheuse. C'est un travail de longue haleine mais qui à terme apporte beaucoup d'apaisement aux plus sensibles sans pour autant se réprimer.



Laisser jaillir oui mais sans pour autant tomber dans le drame,

sans entretenir l'émotion qui peut nous emporter.

Pour entendre le langage émotionnel, le langage de notre cerveau.

Pour comprendre le message caché derrière


Ne restez pas seul.e dans votre tempête émotionnelle. Entourez vous de vos proches pour laisser sortir les mots, ne pas refermer votre cœur. Entourez vous de proches qui sauront vous prendre dans les bras en silence, pour vous laisser pleurer, crier, sangloter. Et si le drame vous emporte dans des tempêtes de stress, d'anxiété et d'angoisse, aller chercher de l'aide auprès de spécialistes.

Demander de l'aide c'est faire un grand pas pour se connaître, se comprendre,

améliorer son quotidien et marcher vers le mieux-être.

« Tout seul on va plus vite, Ensemble on va plus loin »

>> Émotions > Messages > Accompagnement

Voici quelques idées d'accompagnement issus de la naturopathie afin de mieux appréhender vos émotions et moduler le stress, les épisodes anxieux et les angoisses qui peuvent parfois apparaître en parallèle aux émotions. Ces conseils sont donnés de manière large afin de vous montrer que des solutions existent. Il est cependant essentiel de tenir compte de votre histoire passée et de votre histoire actuelle ainsi que de votre morphologie, de votre tempérament et de votre personnalité pour qu'ils soient efficaces. Chacun est unique. Chaque conseil se doit de l'être aussi.


En ce qui concerne les plantes, tournez-vous vers un spécialiste en la matière afin de consommer la bonne plante, sous la bonne forme et dans sa juste quantité. Le pouvoir des plantes est puissant et demande de les connaître.

Ces conseils ne se substituent aucunement à un traitement médical en cours et n'ont pas pour vocation de soigner une pathologie. Ils sont là pour redonner à votre organisme la vitalité et l'énergie nécessaires pour mieux-être ; pour mieux vivre quel que soit le contexte.

Point de vigilance => Si vous ressentez au moins 5 des 11 troubles suivants sur plus de 15 jours et qu'ils se poursuivent sur une période de deux mois, je vous invite à consulter votre médecin afin de poser un diagnostic : humeur triste / plaisir réduit / perte ou prise de poids / Insomnie ou sommeil excessif / Comportement très agité ou trop calme / sensation de fatigue, de perte d'énergie / dévalorisation ou culpabilité / Baisse de la concentration, de la vigilance et/ou de la capacité à penser, trous de mémoire / Doute systématique sur la valeur de ses actes et/ou de ses idées / indécision / pensées de mort.


L'émotion est une décharge, une manifestation du cerveau d'un trop plein

qui a besoin d'être protéger, réconforter, rassurer.

Vous allez donc principalement prendre soin de vous pendant cette période

vous aimer un peu, beaucoup, à la folie !.


=> Conseils naturo

> Limitez les plans d'action et de réaction face à l'action émotionnelle.

> Prenez un jour off pour vous écouter

> Prenez du repos dans un lit réconfortant, dans votre canapé sous un plaid ou encore dans un jardin ensoleillé

> Allez marcher au parc, dans une forêt, n'importe où pourvu qu'il y ait de la verdure

> Essayez vous à une technique respiratoire : cohérence cardiaque, respiration au carré (On me suggère aussi de cultiver les expirations longues favorisant la détente. cela augurera sans doute un nouveau contenu )

> Tenez un carnet de bord des émotions

> Nourrissez-vous de repas riches en aliments vrais, variés et vivants

> Réduisez les aliments excitants, dopants ou anesthésiants

> Offrez vous une cure de magnésium et /ou de spiruline afin d'apporter à votre organisme minéraux et vitamines

> Privilégiez des moments entre amis pour recevoir le réconfort souhaité

> Demander conseil si les questions sont récurrentes, entêtantes.

> Soyez tolérant envers vous même. Vous avez besoin d'amour et de réconfort en priorité

>> Conseils de bonnes herbes


Les plantes peuvent être d'une grande aide pour vous aider à traverser ces moments de brouillard, agitants, fatigants, éprouvants. La plante et sa forme galénique seront choisies selon l'émotion, le tempérament, le niveau d'énergie vitale, les actions et les propriétés recherchées. C'est pourquoi volontairement, je ne vous en cite que quelques unes sans plus de détails.

=> Pour une action d'urgence sur du court terme


l'aromathérapie

petit grain bigarade, lavandin super, marjolaine à coquille, citronnelle...

=> Pour un travail sur le long terme sur la sphère nerveuse


la phytothérapie

Rhodiole, Safran, ashwaganda, ortie, passiflore, cacao....


la gemmothérapie

tilleul, chène,, figuier, aubépine...

=> pour accompagner pleinement l'émotion et l'accepter


Avec les fleurs de Bach

Aspen, Larch, Holly, crab apple, gentian...




Les émotions sont intimement liées au stress, à l'anxiété, aux angoisses.

En les laissant parler, en en prenant conscience,

nous avons les moyens de limiter leur impact néfaste sur notre organisme.


Faites-vous confiance.


prenez soin de vous, écoutez-vous, mangez bien, dormez bien, éveillez-vous




Un prochain article sur les émotions arrivera dans quelques semaines. cette fois-ci je parlerai des émotions positives!! a cultiver, enrichir et qui peuvent être une merveilleuse solution pour aller mieux.


NB : si vous relevez des incohérences, que vous avez des commentaires, des suggestions, sentez vous libre de m'écrire. Mes articles ne demandent qu'à être enrichis par l'énergie de groupe.


Sources :

Pour une enfance heureuse du Dr Catherine Clément

Cours de l'Ecole Lyonnaise des Plantes Médicinales

https://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2002-2-page-73.htm

guide terres vivante des huiles essentielles Dr Françoise Couic Marinier

Le grand livre de la gemmothérapie de Laurine Pineau

gérer vos émotions avec les fleurs de Bach de Samira Benmahiddine

Fatigue et stress de Patrice de Bonneval

Se soigner par les plantes de Gilles Courjon

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